Notre cher GRRR a vu juste en commentant mon dernier post « C’est beau le métier de journaliste des fois ». C’est clair que le pauvre journaliste qui se tape ce genre de rubriques, il doit forcément regretter d’avoir fait des études. Néanmoins, en 5 lignes, il essaie de mettre en œuvre tout l’art de son métier, l’art du terrain, de la récolte d’infos, de l’écriture et ma foi, ce petit, moi, je lui offrirai bien un vrai poste quand même.
- Bon je le rappelle, une énième fois, je suis scientifique et non littéraire ! Néanmoins j’ai pas mal de choses à dire sur cet article… Alors, j’enfile mon costume (bon en fait je l’ai loué, car c’est pas le genre de la maison) de Bernard Pivot et je me lance dans une explication de texte… cartésienne bien entendu ;o) – Courage !!!
« Suède » : Déjà çà commence bien, c’est sûr que c’est inventé, il est clair et évident qu’on parle de la suède à tous les JT. En plus avec ses 90 000 milles tonnes de volailles produites par an (ce qui est énorme comparé aux 2 millions produits en France ;o)), c’est tout à fait normal que ce genre de chose n’arrive que là-bas. En plus, perso, je trouve que c’est bien choisi, n’y trop près, n’y trop loin. C’est pas en Malaisie, sinon çà intéresserait personne, çà reste en Europe (donc chez nous) mais le pays le plus loin possible (donc pas chez nous). Enfin, bref, c’est pour éviter la psychose transsexuelle du sujet.
Bref, çà va être long si je m’enflamme comme çà à chaque mot. Lol !
« Une poule transsexuelle » : Cà en soit, c’est fort. Parce que pour moi, transsexuelle, c’est un adjectif qui défini un état issu d’un choix. On naît pas transsexuelle, c’est un choix. Or, il est évident que la poule n’a pas choisi. Perso, je la vois mal à l’aube de sa puberté, se poser des questions existentielles sur son orientation sexuelle, non, là faut arrêter…
Ensuite, joli jeu de mot avec « sème » : C’est pour confirmer qu’on parle bien d’agriculture ;o). « La panique dans le poulailler », j’adore, c’est pour rassurer toutes les mères de famille, non, cela ne s’est pas passé au supermarché, ni à l’école. On est tous d’accord, la poule, elle est dans le poulailler !
Bon, en fait, il faut le reconnaître tout est dans le titre, c’est là où c’est fort. Parce qu’après, on se rend bien compte, que le journaliste, il ne sait pas trop ce qui s’est passé. En plus il commence par « Certes », il commence à contredire dès le premier mot, même mieux je rajouterai après « Certes », « c’est ce que j’ai lu sur Internet : sur debilos.com » Mais la deuxième partie de la phrase, après le « certes » donc, a été à coup sûr supprimé par l’éditeur.
« Quand il l’avait acquise l’an dernier » : on s’en fout quand est-ce qu’ils l’ont achetée, savoir si c’était un mercredi ou qu’il faisait beau. Mais bon, il a droit à cinq lignes, et pour l’instant il n’arrivait qu’à deux lignes, il fallait broder donc.
« Ces éleveurs suédois ». Vas-y qu’il te rajoute une couche sur la Suède, histoire de bien rassurer les mères de famille, non ce n’est pas des éleveurs étrangers, pas des membres présumés d’Al-Quaïda…
« Et un matin », non pas un soir, un matin ! C’est important de situer dans le temps pour les lecteurs, et puis çà fait des mots en plus !
« La fermière ». On associe toujours les poules à la fermière, pas au fermier. C’est un mec qui a écrit cet article c’est sûr, çà tombe toujours sur les femmes ce genre d’aventure ;o) Bref, elle « a trouvé le poulailler dans une belle pagaille ». Alors là, faut qu’on m’explique. Chez ma grand-mère, dans le poulailler, il y a des poules, des poulets et un coq, et j’ai jamais vu une pagaille comme c’est écrit. Je ne vois pas en quoi cela peut-être la pagaille. Sauf, si les autres poules, en manque de sexe, ce sont toutes jetées sur lui, afin d’assouvir leurs fantasmes les plus pervers… Une vraie partouze en somme, sauf que les poules, c’est pas gore quand çà se reproduit… Bref, je vois pas comment çà peut être la pagaille, ni le journaliste d’ailleurs car il n’en dit pas plus par la suite. Cà devait simplement être pas beau à voir.
Ensuite, le must ! Il s’est rappelé avoir vu en cours, une année, une figure de style pour les journalistes. D’ailleurs, son prof à l’époque lui avait dit : « Cà c’est la figure de style par excellence du journaliste ». Il l’avait surligné en jaune fluo celle là. Et je parle bien entendu de l’énumération… En effet il nous explique que la poule a en fait… euh muté… mais la mutation dans le titre, çà n’aurait pas attiré l’œil, pervers que nous sommes… alors il l’a enlevé.
« Elle a perdu la plupart de ses plumes ». Cà commence bien, c’est plutôt les poules qui perdent leur plumes, arrachées par les coqs… enfin bref, c’est l’inverse quoi. « Une crête, un panache, une caroncule ». Son prof de lettres lui avait bien dit « la règle d’or de l’énumération, c’est qu’il y est au minimum trois termes… ». Mais là, il s’est retrouvé bloqué après panache (qui pour la petite histoire, montre que ladite poule aurait plutôt développé ses plumes qu’autre chose…). Du coup, il a dit « merde, j’en ai que deux ! » Et là le stagiaire lu a dit « Renseignes toi sur Internet, il y a pas que Debilos.com ! ». Du coup, il a trouvé au hasard d’une page, une caroncule, et il a fait « Au putain, c’est génial, çà fait le gars qui s’est renseigné, qui maîtrise à mort son sujet, aussi petit soit-il ! A moi le Pulitzer ! ». Et du coup, il a eu ses trois mots, il est trop fort quand même…
« Et, en plus, faisait Cocorico ». L’apothéose, car si c’était en Suède, la poule... enfin le coq, il ferait kuckeliku! Et non Cocorico !! De qui se moque-t-on franchement !!!
A plousche !
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